RÉCUPÉRATION ET UTILISATION DE L’EAU DE PLUIE 
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De l’urgence de « récolter » l’eau tombée du ciel !

L’homme a toujours récolté l’eau de pluie. Depuis les romains qui n’en perdaient pas une goutte au fil de leurs aqueducs, dans toutes les cultures l’eau a été précieuse. Aurait-on oublié ?

Le dossier:
Récupération et utilisation de l'eau de pluie

1. Récupérer l'eau de pluie
Histoire, Pourquoi...
2. Aspects légaux
Crédit d'impôts, servitudes, subventions, aides...
3. L'industrie se prépare
Prudence, sites à visiter
4. Système de récupération
fonctionnement, principe, matériel, les solutions
5. Choix et tarifs
Dimensionnement, diagnostic, maintenance
6. Avenir et actions
QualiPluie, actions pour l'avenir
7. Annexes et crédits

Aujourd’hui notre météo répercute aléatoirement mais implacablement les dérèglements climatiques. Les quantités de neige sur les Alpes françaises méditerranéennes qui alimentent nos rivières se réduisent, plusieurs études le confirment.

Et déjà, certaines années, l’eau devient rare en France : les dernières sécheresses de 2003 et 2006 nous le signalent !

Il est certes économique de récupérer et de réutiliser l’eau de pluie. Mais c’est surtout un geste écologique qui permet de :

  • Ménager les nappes phréatiques en diminution et polluées
  • Réduire les eaux de pluie pour la prévention des crues
  • Diminuer les eaux de ruissellement en cas de fortes pluies dans nos paysages de campagne et ville uniformisés (augmentation des surfaces imperméabilisées soustrayant à l'infiltration des surfaces de plus en plus importantes, disparition de zones humides, de mares, des haies, conversion agricole,…) en faisant « rétention » dans des citernes
  • D’une manière générale, préserver et respecter cette ressource gratuite plutôt que de la rejeter vers le réseau d’assainissement.
  • Comme l’indique l’article 641 du Code Civil, « un propriétaire a le droit de capter et d’utiliser l’eau pluviale qui tombe sur sa propriété ». Plus qu’un droit, ne serait-ce pas un devoir ?

    En Belgique c’en est un. Depuis 2002 le gouvernement a légiféré sur l’obligation d’intégrer des cuves de récupération d’eaux pluviales à toute construction neuve à des fins d’utilisation pour les WC et en extérieur !

    En France, le prix du m3 d’eau a augmenté globalement de 40% les 10 dernières années - de 1995 à 2005 - selon l’Indice Insee.

    D’après une publication de l’Union Fédérale des Consommateurs « UFC Que Choisir », les marges des sociétés gestionnaires privées de l’eau sont considérées comme trop importantes, la gestion de l’eau de ville que nous consommons fait débat et l’on parle de plus en plus d’un retour à une gestion publique de l’eau.

    Toujours est-il que l’eau de ville potable est de plus en plus chère et les disparités régionales sont majeures (jusqu’à 40% d’écart de coût), la région d’Ile de France battant les records.

    60 % de notre territoire souffre de manque d’eau douce, de nappes phréatiques non rechargées en hiver et de la baisse du niveau moyen des cours d’eau.

    Et puis, est-ce bien utile d’utiliser de l’eau potable et d’en payer le prix ! Pour les lavages, l’arrosage mais aussi les toilettes et les lessives ? 54% de l’eau consommée est destinée à des usages qui ne nécessiteraient pas d’eau potable ! Où est passé le bon sens alors que le coût d’assainissement représente plus de 30% du coût global de l’eau sortant de notre robinet….là aussi récolter l’eau de pluie est une solution d’intérêt collectif !

    De plus, l’utilisation d’appareils domestiques à basse consommation d’eau permettrait de réduire notre consommation. Ou d’autres systèmes tels que les embouts régulateurs de débit, les robinets thermostatiques ou mitigeurs, et les WC à double chasse préréglées pour 6 l ou 3 l.

    Alors que les économies d’eau arrivent en troisième position du Top 10 des éco-gestes (en liste depuis le printemps 2007), sa collecte se situe seulement en 6ième ou 8ième position. Comme nous le verrons, les principales raisons sont d’ordre réglementaire (manque d’encadrement via une réglementation spécifique) et d’ordre sanitaire, les autorités sanitaires françaises se montrant pour l’instant peu favorables à la réutilisation des eaux pluviales dans l’habitat.

    On dénombre plus de 100 000 installations de systèmes de récupération par an en Belgique, en Allemagne, en Suède et en Norvège. Le taux d’équipement de l’Allemagne est croissant depuis 20 ans.

    En France, la démarche est encore balbutiante, on compte les projets par dizaines, tout juste en centaines même si l’activité et le chiffre d’affaire des installateurs est en progression depuis 2002.

     

    Des avantages et de l’usage des eaux pluviales !


    Récupérer l’eau pluviale via les toitures est devenue une réalité pour un nombre croissant de propriétaires, promoteurs immobilier, maîtres d’œuvre et entreprises qui prennent en considération l’écologie, les économies d’énergie et le respect de l’environnement.

    C’est aussi de l’autonomie et du confort maintenus en cas de restriction d’eau (arrosage, appoint piscine,..) et une sécurité : alimentation des réserves à incendies.

    Nos précipitations moyennes nationales sont d’environ 700 mm par an et varient fortement d’une région à une autre, parfois même d’une localité à une autre. Elles sont bien évidemment dépendantes des conditions météorologiques et climatiques.

    Le potentiel sur notre sol national est une récupération mensuelle d’environ 1 m3 par 25 m2 de toiture, soit entre 50 à 70 m3 par an pour une maison de 100 m2 au sol.

    Sachant que notre consommation d’eau est en moyenne de 150 L à 200 L par jour, un foyer de quatre personnes recueillant l’eau pluviale peut ainsi comptabiliser une économie d’environ 500 € par an et davantage en gérant mieux son eau (éco-gestes). Cette économie est croissante si l’on prend en compte l’augmentation certaine des tarifs dans les années à venir. Économie encore plus substantielle après le remboursement de l’emprunt réalisé pour l’achat et la mise en place du système de réutilisation d’eaux pluviales.

    L’eau de pluie récupérée peut représenter jusqu’à plus de 50% d’économie de la consommation d’eau des ménages. Certaines entreprises ou industries fortement consommatrices (500 L est le volume nécessaire pour fabriquer 1 kg de papier et 35000 L pour fabriquer une automobile) et ne nécessitant pas forcément une eau de ville potable, réalisent jusqu’à 100 % d’économie avec un retour d’investissement sur 2 ans pour certaines. En effet, la taille souvent conséquente de leurs bâtiments représente une surface de captage considérable.

    D’autres entreprises et industriels recyclent les eaux pluviales recueillies via les surfaces des sols, parkings, voiries ou zones commerciales qui comportent des matières dangereuses tels que les métaux lourds, les hydrocarbures ou les phosphates.

    La gestion et le traitement de ces eaux souillées permettent surtout d’éviter la contamination des sols, de la nappe phréatique et des eaux de surface. Voir à ce sujet la gamme Hydrosystem - Sotralentz Habitat.

    La maîtrise des rejets pluviaux en milieu urbain, imposée dans le cadre de la Loi n° 2006-1772 du 30 décembre 2006 sur l'eau et les milieux aquatiques (Annexe 4), peut passer par le stockage provisoire de l’eau de pluie.

    En effet, dans le cadre de la loi sur l’eau, pour les nouveaux lotissements, sont à prévoir soit la rétention de l’eau de pluie sur chaque parcelle, soit le surdimensionnement du réseau de collecte et de la station d'épuration. La première solution est préférée puisqu'elle nécessite un investissement beaucoup moins important.

    Cette maîtrise concerne directement notre environnement. Elle évite en effet les crues de nos rivières, les inondations ou le débordement de nos réseaux d’eau pluviale, et permet de mieux maîtriser les coûts de gestion des réseaux pluviaux.

    Dans certaines zones à risque, la Direction Départementale de l’Equipement (DDE) impose déjà l’installation de cuves de rétention temporaire d’eau pluviale, via des déversoirs d’orages.

    Une pré filtration évite le colmatage des déversoirs et élimine les éléments indésirables avant déversement des eaux pluviales dans les réseaux de collecte (voir Gamme de déversoirs d’orages en PEDH - Sotralentz Habitat).

    L’installation de systèmes de récupération d’eau pluviale reste néanmoins la solution la plus bénéfique, la rétention temporaire ne faisant que retarder le problème puisqu’elle limite le débit des flux, au lieu de retenir durablement des volumes d’eau.

    La récupération d’eau pluviale concerne ainsi non seulement les utilisateurs privés (arrosage, WC, piscine, ...) et les utilisateurs publics (hôtels, services techniques, alimentation sanitaires, …), mais également les collectivités (économie sur les surdimensionnement des réseaux d’eau pluviale et limitation d’apports d’eaux pluviales dans les stations d’épuration, diminution du besoin d’installations de production d’eau potable, eau pluviale utilisée pour le nettoyage des voiries, des véhicules de fonction, l’arrosage des espaces verts et des terrains de sport, le remplissage des bassins d’agrément et réserves à incendie,..), les agriculteurs et viticulteurs (réserve d’eau disponible en cas de restrictions lors des périodes de sécheresse), les entreprises et les industriels (utilisation en eau de process, de refroidissement, stations de lavage,…).

    Estimation en % de notre consommation d’eau :

    L’eau pluviale est naturellement adaptée à l’arrosage (8% de nos dépenses en eau) et au nettoyage (4%).

    L’eau utilisée à l’intérieur de la maison se répartit ainsi : 31 % pour les WC, 9 % pour le lave-linge, 4 % pour le lave-vaisselle, 4 % pour l’entretien ménager et 3 % pour les utilisations diverses. Les bains et douches représentent 37 % de notre consommation d’eau.

    L’eau de pluie pourrait être utilisée pour ces postes, et permettre ainsi l’économie directe d’eau potable, mais également des économies indirectes. Par exemple, la durée de vie des appareils serait prolongée par l’utilisation d’une eau douce sans présence de calcaire. Ceci s’accompagne d’une économie supplémentaire sur les produits anti-tartres et la lessive.

    Néanmoins, en France la réglementation exige le respect de différentes normes de qualité en fonction des usages de l’eau (eau potable, eau de baignade). Or, la qualité des eaux pluviales non traitée ne respecte pas les normes de l’eau potable qui sont très strictes (norme eau potable demandée même pour l’usage des chasses d’eau pour les WC !).

    A ce sujet, consultez la position sanitaire datée du 2 mars 2006 de la Direction Générale de la Santé (DGS) relative à l’utilisation des eaux de pluie pour des usages domestiques (Annexe N° 1).


    Des demandes et des installations allant croissant…

    Il est constaté une augmentation des installations dans le secteur privé (installations domestiques) mais également au niveau des bâtiments collectifs (lycées,…) ou chez les industriels. Néanmoins, celle-ci a davantage cours dans le nord de la France.

    Faisant suite à ce développement d’installations de récupération d’eau pluviale dans les habitats individuels mais aussi dans des bâtiments recevant du public ou collectivités, le Ministère de la Santé a publié le 20 mars 2006 une lettre circulaire relative à l’utilisation de l’eau pluviale pour des usages domestiques (Annexe N° 2).

    C’est ainsi que de nombreux aéroports ou gares, centres sportifs et établissements scolaires sont déjà équipés de systèmes de récupération d’eau de pluie. Ceci est dû au fait que leur structure permet une grande surface de collecte. L’eau collectée est généralement utilisée pour les sanitaires, le nettoyage et l’arrosage extérieur.

    A Orly, les aéroports de Paris économisent chaque année environ 70 000 m3 d’eau potable en récupérant les eaux pluviales tombées sur les plates-formes, une partie de l’eau pluviale étant par ailleurs utilisée pour la production de la climatisation en été.

    Le siège de la Banque Populaire du Haut-Rhin achevé en 2001 est pourvu d’un système de réutilisation d’eaux pluviales pour alimenter le réseau secondaire de remplissage des chasses d’eau, le réseau de chauffage et pour le nettoyage des voitures.

    Les industriels sont de plus en plus nombreux à recourir à ce système d’économie d’eau potable très rentable, d’autant plus qu’ils y gagnent également en termes d’image d’une entreprise soucieuse de l’environnement engagée dans le développement durable.

    En 2002, l’installation du système de recyclage des eaux pluviales voit le jour à l’usine de production Renault de Maubeuge qui consomme 2,5 m3 d’eau par véhicule produit. Grâce au cumul des précipitations dans la région de Maubeuge et à la superficie de l’usine, 71 300 m3 d’eau potable ont pu ainsi être économisés en 2004 pour alimenter la chaîne de fabrication (Source : http://www.aquafrance.fr/villes_exemples_a_suivre.htm)

    En 2005, profitant d’un projet d’extension des bâtiments de la mairie, la Ville de Reichstett basée en Alsace (67) s’est équipée d’une installation de récupération d’eau de pluie 2 EAUX d’une capacité de 5000 L, pour l’alimentation des toilettes de la mairie et l’arrosage des fleurs et espaces verts.

    Une série d’enquêtes (*) menées depuis 1992 sur les investissements des collectivités locales et de leurs groupements en matière d’environnement ont permis à la société d’études économiques Bipe de dresser un bilan pour la période 1992-2006.

    L’eau et les déchets sont les deux premières priorités d’investissement à moyen terme.

    La préservation du patrimoine écologique et la protection du cadre de vie (protection des espaces naturels, nettoyage des rues, bruit…), ainsi que les problématiques énergétiques (efficacité énergétique, énergies renouvelables…) apparaissent, elles, comme deux nouvelles priorités. 

    Ainsi, en 1994, 8% des collectivités ayant répondu à l’enquête considéraient comme prioritaires les investissements dans le domaine des «problématiques énergétiques», contre 42% en 2006 - (Source : http://www.journaldelenvironnement.net , le 03/12/2007)

    Depuis cette année, le Jardin botanique de Bordeaux, sur l’initiative de la Ville de Bordeaux et de sa Communauté Urbaine, est arrosé par les eaux pluviales stockées (arrosage extérieur et serres) dans des cuves enterrées pour une capacité globale de 275 000 L, qui ont été fournis et mis en œuvre par Sotralentz-Habitat.

    « Cuves PEHD Sotralentz Jardin botanique de Bordeaux »


    Ailleurs en Europe et à l’étranger, la valorisation de l’eau de pluie existe déjà..


    Dans ce domaine, l’Allemagne fait figure de pionnière en Europe et l’eau pluviale est utilisée pour des usages tels que les lessives, les WC et l’arrosage (Installations nombreuses dans la Ville de Berlin). Par ailleurs, le recyclage des eaux pluviales y est subventionné à hauteur de 50 % par environ une grande ville sur cinq. L’Allemagne est suivie par des pays comme la Belgique, le Luxembourg, la Suède ou la Norvège.

    En matière d’utilisation d’eau pluviale, les produits allemands dont les performances sont prouvées et améliorées depuis presque 20 années, connaissent d’ailleurs un fort succès en France. Les produits de filtration de marque 3P Technik sont mondialement reconnus.

    A l’étranger, la valorisation de l’eau de pluie est déjà courante en Corée ou en Inde. Il est même des régions telles que la Floride, la Californie ou la ville de Tokyo où les installations de récupération d’eau de pluie sont devenues obligatoires en raison du manque en eau douce.

    L’on constate ainsi que le secteur de la récupération de l’eau de pluie est en train de faire émerger en France une nouvelle activité industrielle et artisanale mais également de recherche, créatrice d’emplois. Il est à parier que les nouvelles législations et les incitations fiscales à venir vont fortement développer ce secteur d’activité.

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    2. Aspects légaux
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